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Vrai ou faux ? Stop aux idées reçues sur la #mode

Publié le par Isabelle DEMETTRE

Frivole, élitiste et sans pitié… Les préjugés sur cet univers réputé impitoyable ont la vie dure. Mais qu’en est-il vraiment ?

1/ La mode, c’est futile

Faux. Ne posez pas la question à Ralph Toledano, président de la Fédération française de la couture, du prêt-à-porter, des couturiers et des créateurs de mode, cela pourrait l’irriter. « Futile  ? S’il y a un adjectif qui ne s’applique pas à l’industrie de la mode, c’est bien celui-ci ! Il s’agit du métier le plus rigoureux qui soit, où chaque étape du processus de conception, fabrication et livraison est étudiée avec la plus extrême précision, seule condition permettant la création. Souvent, les gens ne réalisent pas que, derrière le succès d’une marque, il y a des années de travail. » La mode est aussi le fer de lance de l’industrie française, et son objectif n’est pas qu’esthétique : il s’agit certes de rendre les femmes plus belles, mais aussi de leur donner confiance en elles. Futile  ? Non, utile.

2/ Il existe une limite d’âge pour porter certaines pièces

Vrai... enfin, d’après une couturière mythique : [i]« Je ne connais rien de plus vieillissant que d’essayer de se rajeunir. C’est la chose la plus bête qui puisse arriver à une femme. Les robes courtes, c’est indécent ! Pour montrer ses genoux, il faut qu’ils soient très beaux. Les genoux cagneux, qui deviennent un peu violets, c’est affreux »[/i], disait Coco Chanel, alors âgée de 86 ans, lors d’une interview télévisée en 1969. À méditer.

3/ Les tops Ne mangent que du persil

Faux, mais vrai en période de défilés. Quand le journaliste Loïc Prigent laisse traîner sa caméra dans les coulisses des podiums féminins pour filmer les repas des mannequins (« Habillé(e)s pour l’été 2017 », sur Canal+, présenté par Mademoiselle Agnès et diffusé en octobre dernier), c’est parfois éloquent. Alors que les buffets regorgent de pâtes et de macarons Ladurée, les filles qui défilent se jetent sur les lamelles de carottes, les radis, les tomates cerises et les tiges de persil. Précisons que, fin 2015, l’Assemblée nationale a voté une loi pour lutter contre la maigreur excessive des modèles, en rendant obligatoire la délivrance d’un certificat médical attestant que [i]« l’état de santé du mannequin, évalué notamment au regard de son indice de masse corporelle (IMC), est compatible avec l’exercice de son métier »[/i]. Mais, un an après, les décrets d’application n’ont toujours pas été publiés au Journal officiel, ce qui rend cette loi inapplicable.

4/ Les créateurs de mode se détestent tous

Faux. Beaucoup rendent d’ailleurs souvent hommage à leurs aînés – Haider Ackermann cite Yves Saint Laurent dans son panthéon, Guillaume Henry raconte combien Christian Lacroix le faisait rêver dans son enfance. Et ils sont nombreux à admirer le travail de leurs contemporains. Quelques exemples : pour la première collection de Maria Grazia Chiuri chez Dior, étaient présents son ancien complice chez Valentino, Pierpaolo Piccioli, mais aussi Alber Elbaz, Bertrand Guyon (Schiaparelli) et Giambattista Valli. Nicolas Ghesquière invite toujours Pierre Hardy, Azzedine Alaïa et Julien Dossena (Paco Rabanne) à ses défilés Louis Vuitton et suit leurs collections. Bouchra Jarrar (Lanvin) et Véronique Nichanian (Hermès Homme) sont toujours présentes aux défilés de l’une ou de l’autre. Quant à Karl Lagerfeld, il ne rate jamais ceux de Kris Van Assche pour Dior Homme et cite régulièrement Haider Ackermann dans ses coups de cœur.

5/ Le prêt-à-porter est un alibi pour vendre des accessoires

Vrai et faux. D’après une étude de l’IFM (Institut français de la mode) présentée en octobre 2016, les textiles et vêtements (des griffes de luxe aux enseignes de fast fashion) génèrent 67 milliards d’euros de chiffre d’affaires contre 22 pour le secteur de la maroquinerie et de la chaussure, et 44 pour les parfums et cosmétiques. Les industries de la mode en France se portent donc très bien : avec 150 milliards de chiffre d’affaires, elles sont même plus importantes dans l’économie française que l’automobile et l’aéronautique. Mais, dans certaines maisons, le chiffre d’affaires est surtout généré par les sacs et les parfums.

http://madame.lefigaro.fr/style/vrai-ou-faux-stop-aux-idees-recues-sur-la-mode-020317-130187

 

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